Gin tonic : comment choisir le tonic idéal pour révéler les arômes d’un gin artisanal ?
Le gin tonic paraît être l’un des cocktails les plus simples à préparer. Un gin, un tonic, quelques glaçons et parfois une garniture suffisent.
Cette simplicité est trompeuse.
Dans un cocktail composé de si peu d’ingrédients, chacun occupe une place considérable. Un tonic très amer peut masquer les notes les plus délicates du gin. Une eau tonique trop sucrée peut alourdir l’ensemble. Une garniture trop expressive peut transformer complètement le profil aromatique imaginé par le distillateur.
À l’inverse, un tonic bien choisi permet de prolonger certaines caractéristiques du gin sans les effacer.
Pour comprendre comment réaliser un gin tonic équilibré, il faut donc s’intéresser autant au spiritueux qu’à l’eau tonique qui l’accompagne.
Qu’est ce qu’un tonic ?
Le tonic est une boisson gazeuse dont l’amertume caractéristique provient traditionnellement de la quinine.
À cette amertume viennent généralement s’ajouter du sucre, de l’acidité, des arômes et du gaz carbonique.
Il existe aujourd’hui une très grande variété de tonics. Certains présentent une amertume franche. D’autres sont plus doux. Certains sont très aromatiques et intègrent des notes d’agrumes, de fleurs ou de plantes.
Cette diversité permet de créer des associations intéressantes, mais elle peut également rendre le choix plus difficile.
Un tonic ne constitue pas simplement un liquide destiné à allonger le gin. Il devient l’un des principaux ingrédients du cocktail.
Pourquoi le choix du tonic est il si important ?
Dans un gin servi pur, le profil aromatique dépend essentiellement du spiritueux lui même.
Dans un gin tonic, la situation change.
Selon les proportions choisies, le tonic peut représenter deux à quatre fois le volume de gin présent dans le verre. Son influence est donc considérable.
Son sucre modifie la perception de l’alcool et de l’amertume.
Son acidité apporte de la tension.
La quinine contribue à la finale amère caractéristique du cocktail.
Les bulles influencent également la dégustation puisqu’elles participent à la diffusion des composés aromatiques.
Enfin, les éventuels arômes ajoutés au tonic interagissent directement avec les plantes utilisées lors de l’élaboration du gin.
Choisir un tonic revient donc à rechercher un équilibre entre deux profils aromatiques.
Commencer par comprendre le gin
Avant de choisir un tonic, il est utile de goûter le gin seul.
Cette étape permet d’identifier ses principales caractéristiques.
Un gin dominé par le genièvre
Certains gins revendiquent une expression classique avec un genièvre très présent.
Leurs notes résineuses, fraîches et parfois légèrement citronnées peuvent très bien fonctionner avec un tonic relativement neutre présentant une amertume nette.
L’objectif est alors de conserver la structure du gin tout en apportant fraîcheur et effervescence.
Un gin marqué par les agrumes
Lorsqu’un gin présente des notes de citron, d’orange, de bergamote ou d’autres agrumes, plusieurs approches sont possibles.
Un tonic neutre permet de conserver ces arômes au premier plan.
Un tonic légèrement citronné peut au contraire prolonger cette famille aromatique.
Il faut cependant éviter l’accumulation. Un tonic extrêmement aromatique associé à un gin déjà très expressif peut produire un cocktail dans lequel les différentes notes deviennent difficiles à distinguer.
Un gin floral ou végétal
Les gins travaillant des fleurs, des herbes ou certaines plantes aromatiques demandent souvent davantage de retenue.
Un tonic très puissant risque de masquer les nuances les plus délicates.
Dans ce cas, une eau tonique relativement sèche et discrète peut permettre au gin de conserver son identité.
Faut il choisir un tonic neutre ou aromatisé ?
Les tonics aromatisés peuvent être intéressants, mais ils ne sont pas systématiquement préférables.
Pour découvrir un gin artisanal pour la première fois, commencer avec un tonic relativement neutre est souvent une bonne approche.
Il permet de comprendre la personnalité du spiritueux sans introduire immédiatement une nouvelle couche aromatique.
Une fois cette première association goûtée, il devient possible d’expérimenter.
Un tonic aux agrumes pourra accentuer la fraîcheur d’un gin.
Un tonic floral pourra créer un dialogue avec certaines botaniques.
Un tonic présentant davantage d’amertume pourra donner une structure plus sèche au cocktail.
La question n’est donc pas de trouver le meilleur tonic dans l’absolu.
Il faut trouver celui qui correspond au gin et au résultat recherché.
Quelle proportion de gin et de tonic choisir ?
Le dosage joue un rôle aussi important que le choix des ingrédients.
Ajouter davantage de tonic rend naturellement le cocktail plus léger en alcool, mais dilue également le profil aromatique du gin.
À l’inverse, utiliser très peu de tonic donne un cocktail plus intense dans lequel le spiritueux domine davantage.
Une proportion d’environ une mesure de gin pour deux mesures de tonic constitue un bon point de départ pour de nombreux gins.
Ce ratio n’est cependant pas une règle absolue.
Un gin particulièrement puissant pourra supporter davantage de tonic. Un spiritueux plus délicat gagnera parfois à être moins dilué.
L’intérêt est de goûter puis d’ajuster.
Quelques centilitres supplémentaires peuvent modifier sensiblement l’équilibre du verre.
Les glaçons sont ils vraiment importants ?
Oui, et probablement davantage qu’on ne l’imagine.
Un gin tonic servi avec trop peu de glace se réchauffe rapidement. Les glaçons fondent alors plus vite et diluent progressivement le cocktail.
À l’inverse, remplir généreusement le verre de gros glaçons permet de maintenir une température basse plus longtemps.
La dilution reste présente, ce qui est normal et même souhaitable dans une certaine mesure, mais elle devient plus progressive.
La qualité de la glace compte également.
Des glaçons ayant absorbé les odeurs d’un congélateur peuvent altérer un cocktail composé de seulement quelques ingrédients.
Un verre propre, une glace neutre et un tonic bien frais constituent donc déjà une grande partie du travail.
Comment préserver les bulles du tonic ?
L’effervescence participe pleinement à l’expérience du gin tonic.
Elle apporte de la fraîcheur et contribue à transporter les arômes vers le nez.
Pour la préserver, il est préférable d’utiliser un tonic bien frais et de le verser doucement.
Une agitation excessive du cocktail accélère la perte du gaz carbonique.
Il n’est donc pas nécessaire de mélanger longuement le verre.
Une légère agitation suffit à homogénéiser les ingrédients sans faire disparaître prématurément les bulles.
Citron, concombre, baies : quelle garniture choisir ?
La garniture est probablement l’élément du gin tonic qui donne lieu au plus grand nombre d’expérimentations.
Elle peut être intéressante lorsqu’elle possède une véritable fonction aromatique.
Elle devient beaucoup moins pertinente lorsqu’elle transforme le verre en salade de fruits.
Les zestes d’agrumes
Un zeste de citron, d’orange ou de pamplemousse peut apporter des huiles essentielles très expressives.
Il suffit parfois de presser légèrement le zeste au dessus du verre pour libérer ces huiles.
Cette technique permet d’apporter une note aromatique sans ajouter une quantité importante de jus et donc sans modifier fortement l’acidité du cocktail.
Les plantes aromatiques
Certaines herbes peuvent fonctionner avec un gin dont elles prolongent naturellement le profil.
Mais leur puissance aromatique demande de la retenue.
Une branche entière de romarin fortement manipulée, par exemple, peut rapidement dominer le verre.
Les fruits et les baies
Ils peuvent être utilisés lorsqu’ils créent une association cohérente avec le gin.
Le principe reste identique : la garniture doit accompagner le spiritueux plutôt que chercher à attirer toute l’attention.
Un bon gin tonic doit il être très amer ?
Pas nécessairement.
L’amertume fait partie de l’identité du tonic, mais son intensité varie considérablement d’une référence à l’autre.
Elle doit surtout trouver sa place dans l’équilibre général.
Le sucre du tonic, l’alcool, l’acidité et les arômes du gin influencent tous la manière dont cette amertume sera perçue.
Deux tonics possédant une teneur en quinine différente peuvent donc produire des sensations très éloignées lorsqu’ils sont associés au même gin.
La meilleure manière de choisir reste finalement très simple : comparer.
Servir le même gin avec deux tonics différents permet immédiatement de comprendre à quel point l’eau tonique transforme le cocktail.
Le gin tonic comme prolongement du travail du distillateur
Un gin artisanal est le résultat d’une succession de choix.
Le genièvre, les agrumes, les épices, les fleurs ou les racines sont sélectionnés puis travaillés afin de construire un profil aromatique précis.
La distillation cherche ensuite à trouver un équilibre entre ces différentes matières.
Préparer un gin tonic peut respecter cette construction ou la faire complètement disparaître.
C’est pourquoi nous préférons considérer le tonic comme un accompagnement plutôt que comme un simple diluant.
À la Distillerie Sainte Barbe, chaque gin possède sa propre architecture aromatique. La manière de le servir peut donc évoluer selon la bouteille.
Goûter le gin seul avant de préparer le cocktail reste probablement le meilleur conseil.
On comprend alors ce que l’on souhaite préserver, prolonger ou légèrement transformer.
Le gin tonic cesse ainsi d’être une simple recette.
Il devient une manière différente de découvrir le travail réalisé dans l’alambic.